Dr Honoré N’Goran Kouassi est très actif sur le front politique à Kouassikouassikro depuis sa nomination à la tête de cette délégation communale. Dans cet entretien il analyse la situation conflictuelle au Pdci, fait des propositions et appelle les cadres à soutenir Tidjane Thiam, président du parti
Docteur N’Goran Kouassi Honoré, vous êtes le Délégué communal du PDCI-RDA à Kouassikouassikro. Comment analysez-vous la situation générale de la nation ivoirienne à l’heure actuelle ?
La Côte d’Ivoire traverse une période exigeante, qui appelle à la fois lucidité, responsabilité et solidarité. Notre pays connaît des avancées importantes, mais les populations sont également confrontées à des difficultés réelles qu’il ne faut ni minimiser ni ignorer : la cherté de la vie, les difficultés d’accès à l’emploi, notamment pour les jeunes, les conséquences sociales de certains déguerpissements, les préoccupations liées au logement, ainsi que les difficultés auxquelles notre système éducatif est confronté.
Derrière ces réalités, il y a des familles, des jeunes, des travailleurs, des commerçants et des personnes vulnérables qui attendent des réponses concrètes. La politique doit donc demeurer profondément humaine. Elle doit avoir pour finalité d’améliorer les conditions de vie des populations et de leur redonner confiance en l’avenir.
Face à ces défis, le PDCI-RDA a une responsabilité particulière. Notre parti est historiquement associé à la construction et au développement de la Côte d’Ivoire. Il a démontré, au cours de son histoire, sa capacité à penser le développement sur le long terme et à placer l’humain au cœur de l’action publique.
Nous sommes un parti de paix, de dialogue, de rassemblement et de développement. Notre ambition n’est pas d’opposer les Ivoiriens, mais de les rassembler autour d’un projet de société qui apporte des réponses adaptées aux réalités du pays. C’est dans cet esprit que nous devons continuer à travailler, dans la fidélité aux valeurs du Président Félix Houphouët-Boigny et dans la dynamique impulsée aujourd’hui par le Président Tidjane Thiam.
Quel regard portez-vous sur le PDCI-RDA sous la direction du Président Tidjane Thiam ?
Le leadership du Président Tidjane Thiam constitue une opportunité importante pour notre parti. Il porte une vision qui conjugue modernité, compétence, rigueur et ouverture, tout en demeurant attachée aux fondamentaux du PDCI-RDA.
Notre parti doit se renouveler sans se renier, s’adapter aux exigences de notre époque sans perdre son identité. C’est tout l’enjeu de la dynamique actuelle.
Je voudrais donc réaffirmer ici mon soutien total, loyal et responsable au Président Tidjane Thiam. Il peut compter sur moi et sur les militants du PDCI-RDA à Kouassikouassikro. Nous devons accompagner les orientations de la direction nationale, respecter les décisions prises et surtout les traduire dans nos actions quotidiennes sur le terrain.
La fidélité à un parti ne se mesure pas seulement aux déclarations. Elle se manifeste par le travail, la discipline, la disponibilité et la capacité à faire prévaloir l’intérêt collectif.
Comment se porte aujourd’hui la délégation communale de Kouassikouassikro ?
La délégation communale travaille avec détermination et dans un esprit de proximité. Depuis ma nomination, notre priorité est de renouer avec le terrain, d’écouter les militants et les populations, de redynamiser nos structures de base et de créer les conditions d’une mobilisation durable.
Nous avons encore beaucoup à faire, mais je reste optimiste. Kouassikouassikro demeure une terre d’histoire et d’attachement au PDCI-RDA. Notre responsabilité est de transformer cet attachement en une force politique organisée, disciplinée et tournée vers l’avenir. Il existe naturellement des incompréhensions et des difficultés internes. Mais je refuse de les considérer comme insurmontables. Une famille politique peut connaître des désaccords sans nécessairement se déchirer. Ce qui compte, c’est notre capacité à nous parler, à nous écouter et à nous retrouver autour de l’essentiel.
Vous évoquez des difficultés internes. Quel appel lancez-vous aux militants et aux cadres de Kouassikouassikro ?
Je lance un appel à l’apaisement, à la fraternité et à la responsabilité.
Nous devons sortir de la logique des oppositions personnelles et des confrontations inutiles. La belligérance interne ne profite jamais au parti. Elle détourne nos énergies de l’essentiel, qui est la reconquête du terrain et la défense des intérêts des populations.
Nous pouvons avoir des sensibilités différentes, des analyses différentes et même des désaccords. Mais nous devons rester capables de nous asseoir autour d’une même table. Le PDCI-RDA est une grande famille politique et notre histoire nous enseigne que les grandes victoires sont toujours le fruit du rassemblement.
À Kouassikouassikro, chacun doit accepter de faire un pas vers l’autre. Il faut privilégier l’intérêt du parti sur les ambitions individuelles et l’intérêt collectif sur les querelles de personnes.
Depuis votre nomination, aucune passation de charge n’a encore eu lieu entre vous et l’ancien Délégué communal. Comment expliquez-vous cette situation ?
Je voudrais aborder cette question avec beaucoup de sérénité et de responsabilité. Une passation de charge est avant tout un acte administratif, mais elle revêt également une dimension politique et symbolique importante dans la vie d’une organisation comme le PDCI-RDA.
Je souhaite donc éviter toute polémique ou toute interprétation susceptible de créer davantage de tensions. Je suis convaincu que cette passation se fera dans de bonnes conditions, dans l’union, l’entente et le respect entre tous les responsables du PDCI-RDA dans la commune.
J’ai foi en la sagesse de la direction du parti et je sais qu’elle ne ménage aucun effort pour que les choses se fassent conformément à la culture, aux usages et à l’esprit du PDCI-RDA.
Le siège parlementaire de Kouassikouassikro a été perdu lors des dernières élections législatives. Est-ce un regret pour vous ?
Oui, naturellement, nous regrettons cette perte. Ce siège était incarné par une figure particulièrement respectée au sein du PDCI-RDA et cette situation ne peut laisser notre famille politique indifférente. Mais je crois qu’il faut savoir tirer les enseignements d’une défaite sans remuer inutilement le couteau dans la plaie. Une élection doit être analysée avec lucidité. Lorsqu’il y a des insuffisances, il faut avoir le courage de les reconnaître et de prendre les mesures nécessaires pour les corriger.
La direction du parti a pris des décisions courageuses dans ce sens. Nous devons désormais regarder vers l’avenir. Je suis convaincu qu’avec l’unité, la discipline, une meilleure organisation et un véritable travail de proximité, ce siège reviendra au PDCI-RDA lors de la prochaine échéance. Nous devons travailler pour cela, non pas dans un esprit de revanche, mais pour répondre aux attentes des populations de Kouassikouassikro.
C’est donc un regret, mais surtout un défi. Et je veux retenir la note d’espoir : nous pouvons reconquérir ce siège si nous sommes unis.
Comment évaluez-vous les performances de la direction nationale du PDCI-RDA ?
Je considère que la direction nationale a engagé un travail important de restructuration et de repositionnement du parti. Cela passe notamment par le renforcement de la discipline, la clarification de la ligne politique, la redynamisation des structures et une plus grande ouverture vers les nouvelles générations.
Ce travail demande du temps et surtout l’implication de tous. La direction nationale peut définir les orientations, mais leur réussite dépend aussi de notre capacité, à la base, à les mettre en œuvre.
Nous devons donc être des relais efficaces de cette dynamique. À Kouassikouassikro, nous avons l’obligation de travailler à la cohésion, à la proximité et à la mobilisation.
Quel message particulier adressez-vous aux militants du PDCI-RDA de Kouassikouassikro ?
Je leur demande de rester mobilisés, mais surtout de rester unis. Nous avons parfois tendance à oublier que ce qui nous rassemble est infiniment plus important que ce qui peut nous diviser. Nous appartenons à la même famille politique. Nous avons les mêmes symboles, la même histoire et les mêmes valeurs. Je demande donc à chacun de faire preuve de retenue, de responsabilité et de fraternité. Respectons les décisions de la direction du parti et travaillons à leur mise en œuvre.
Notre priorité doit être le terrain : écouter les populations, organiser nos militants, renforcer nos structures, recruter de nouveaux adhérents et préparer méthodiquement les prochaines échéances.
Le Président Tidjane Thiam peut-il réellement compter sur vous et sur votre délégation ?
Absolument. Le Président Tidjane Thiam peut compter sur moi personnellement et sur la délégation communale de Kouassikouassikro. Notre soutien est loyal, sincère et actif. Mais au-delà des personnes, notre engagement est d’abord un engagement pour le PDCI-RDA et pour les valeurs qu’il porte.
Nous sommes prêts à travailler, à mobiliser et à accompagner la direction nationale dans la réalisation de ses objectifs. Nous devons faire en sorte que les orientations du Président Tidjane Thiam trouvent une traduction concrète sur le terrain.
L’orpaillage clandestin constitue un fléau dans plusieurs régions. Quelle est votre position sur cette question d’actualité ?
L’orpaillage clandestin constitue une préoccupation majeure parce qu’il touche à la fois à l’environnement, à la sécurité, à la santé et à l’avenir économique de nos communautés.
Lorsque nos terres sont dégradées, lorsque nos cours d’eau sont menacés et lorsque notre jeunesse est exposée à des activités sans perspectives durables, c’est l’avenir de toute une communauté qui est compromis.
Il faut donc lutter fermement contre les activités illégales, mais il faut également proposer des alternatives économiques aux populations concernées. La réponse doit être à la fois sécuritaire, économique, sociale et éducative.
Par E. DE DAN TOTA avec SD






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