Des soupçons de surfacturation portant sur plusieurs milliards de FCFA planent sur des projets hospitaliers réalisés en Côte d’Ivoire. Entre accusations d’usurpation d’identité d’entreprises locales, faux présumés en écriture, éviction de sous-traitants ivoiriens et plaintes pénales successives, l’affaire soulève de sérieuses interrogations sur les mécanismes de contrôle entourant certains grands chantiers de santé publique.
Au regard de la gravité des faits dénoncés, une question s’impose avec insistance : comment une telle mécanique aurait-elle pu s’implanter et perdurer sans éveiller la vigilance des organes de contrôle de l’État ?
Derrière les grands projets d’infrastructures sanitaires financés en Côte d’Ivoire se dessine en effet une affaire financière et judiciaire potentiellement considérable. Au cœur des accusations figurent notamment Promed et le Groupe Mitrelli, opérant aux côtés de la structure Hermann Zemel Project LTD. Plusieurs responsables et cadres liés à ces entités — notamment Pascal Borderes, Ludovic Devinat et Ali Ouattara — sont cités dans des accusations ayant donné lieu à des procédures pénales.
Les faits dénoncés portent notamment sur un système présumé d’éviction de sous-traitants nationaux, de falsification de documents commerciaux et de surfacturation de prestations qui aurait été mis en œuvre au détriment de l’État ivoirien.
L’affaire prend une dimension particulièrement sensible en raison de la nature même des projets concernés : des infrastructures hospitalières financées pour améliorer l’accès aux soins de la population. Si les accusations de surfacturation venaient à être établies, elles poseraient nécessairement la question de l’utilisation des fonds consacrés à ces investissements, mais aussi celle de l’efficacité des dispositifs de contrôle censés sécuriser l’exécution de tels marchés.
L’engrenage financier et la spoliation présumée des sous-traitants locaux
Le mécanisme dénoncé par Aké Beugré Eraste, gérant de la société sous-traitante Rochel BTP Sarl, met en lumière ce qu’il présente comme une détérioration progressive et organisée des relations contractuelles, au fil de trois phases successives de travaux.
Avec Enquêtes Média






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