Kossandji : la fête de génération 2026 célébrée dans le deuil, les guerriers Akye sortent en rouge

Encore profondément marqué par les violences meurtrières survenues dans la nuit du 4 au 5 août, le village de Kossandji, dans le département d’Alépé, célèbre sa fête de génération 2026 dans une atmosphère particulière. Entre deuil, consternation et volonté de préserver les traditions, les différentes générations ont sorti leur grand arsenal traditionnel de guerriers, avec une forte prédominance du rouge.

À Kossandji, la fête de génération 2026 n’a pas l’allure des éditions ordinaires. Les images de la célébration montrent des dizaines d’hommes, pour beaucoup torse nu, vêtus de pagnes aux motifs rouges et noirs et portant des bandeaux rouges. Une mise en scène traditionnelle qui donne à cette édition une tonalité particulière, quelques semaines seulement après le drame qui a endeuillé le village.

Dans la nuit du 4 au 5 août 2026, de graves violences ont en effet éclaté à Kossandji. Le bilan communiqué par la suite par les autorités judiciaires faisait état de sept morts, plusieurs blessés et une personne portée disparue. D’importants dégâts matériels avaient également été enregistrés.

Les événements sont intervenus dans un contexte de tensions entre communautés. Des habitants et responsables locaux ont notamment évoqué la possible implication d’individus venus de la réserve naturelle et des forêts classées de Mabi-Yaya. Ces affirmations restent toutefois soumises aux conclusions des enquêtes ouvertes par les autorités compétentes.

Une célébration marquée par le souvenir des victimes

Malgré le traumatisme, les générations de Kossandji ont maintenu leur rendez-vous traditionnel. Le rouge, très présent dans les tenues et bandeaux, ainsi que l’apparat guerrier déployé par les participants donnent à la cérémonie une dimension à la fois culturelle et symbolique.

Cette célébration intervient également au moment où les responsables de la communauté multiplient les démarches auprès des autorités afin d’obtenir davantage de sécurité.

Lors de la session du Conseil régional de la Mé, tenue le 21 août 2026 à Yakassé-Attobrou, le drame de Kossandji a ainsi été porté devant les conseillers régionaux. L’intervention a insisté sur la dimension humaine du bilan, rappelant que derrière les chiffres se trouvent « des visages, des familles, des enfants et des vies brutalement brisées ».

Kossandji demande une intervention dans la réserve de Mabi-Yaya

La cellule de gestion de crise de Kossandji, présidée par Ohoué Stéphane, a également saisi le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.

Dans un courrier daté du 8 août, elle demande notamment le déguerpissement des personnes qui seraient installées clandestinement dans la réserve de Mabi-Yaya, la destruction des plantations créées illicitement dans cet espace protégé ainsi que le renforcement de sa surveillance.

La cellule estime que ces mesures pourraient contribuer à sécuriser durablement les populations riveraines et à prévenir de nouvelles violences.

Tout en réclamant que les responsabilités soient établies et que justice soit rendue, les représentants de la communauté Akyé appellent à la retenue dans l’attente des conclusions des enquêtes.

C’est donc entre mémoire des victimes, attachement aux traditions et attente de justice que Kossandji vit cette fête de génération 2026, moins de trois semaines après l’un des épisodes les plus douloureux de son histoire.

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Retour en haut