Littérature économique/ Francis Kouao met en lumière l’influence diplomatique de la Côte d’Ivoire à travers sa production d’hévéa

  • « La diplomatie du caoutchouc naturel », le nouvel outil d’influence de la Côte d’Ivoire

Le centre de conférences du ministère des Affaires étrangères a accueilli mercredi 12 août 2026, la cérémonie de dédicace de l’ouvrage « La diplomatie du caoutchouc naturel – Un levier d’influence de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale ». Un essai qui ambitionne de repositionner l’hévéa au cœur de la politique étrangère ivoirienne.

Premier producteur africain avec environ 2 millions de tonnes, la Côte d’Ivoire se doit, selon l’auteur, de transformer sa force productive en puissance diplomatique. « Mon ambition est de montrer que le caoutchouc n’est pas qu’une matière première. C’est un instrument de négociation, de coopération Sud-Sud et de rayonnement », a expliqué l’auteur. « Nous exportons du caoutchouc, mais nous devons aussi exporter notre vision, nos normes et notre leadership. »

Pour lui, la motivation est claire : sortir de la dépendance des cours mondiaux, valoriser les producteurs locaux et faire du caoutchouc un vecteur de paix et de stabilité régionale, à l’image de ce que le pétrole a été pour d’autres pays.

Portée et impact attendus

Organisé autour de six chapitres, le livre de D’Almeida Francis Kouao, diplômé du Campc, planche d’entrée de jeu sur une analyse stratégique du rôle du caoutchouc naturel pour la Côte d’Ivoire. Il s’évertue ensuite à éclairer au plan international les enjeux et les opportunités du secteur hévéicole. Il dégage enfin des pistes d’action pour renforcer l’influence économique et diplomatique de notre pays. En d’autres termes, l’ouvrage décortique comment la Côte d’Ivoire peut utiliser les canaux des institutions et organisations internationales comme l’IRSG et l’ANRPC pour imposer ses standards, attirer les investissements et sécuriser des débouchés. Il plaide pour une « diplomatie des filières » où l’État, le privé et les interprofessions parlent d’une seule voix. L’auteur estime que le livre peut servir de boussole aux décideurs, diplomates et opérateurs pour les prochaines années. L’auteur insiste qu’il ne s’agit pas ici d’une diplomatie de confrontation mais plutôt de développement de partenariats pour booster la puissance agricole de la Côte d’Ivoire. Ceci passe aussi par la valorisation de l’expertise ivoirienne, l’accroissement de la transformation locale, entre autres.

Les intervenants saluent un ouvrage stratégique

Que ce soit le ministre Gnamien Yao, parrain de la cérémonie, le directeur de la diplomatie économique, tous ont salué la qualité du travail de recherche qui a conduit à la sortie de ce livre. N’diaye Oumar, Directeur Exécutif du FIRCA, a insisté sur la recherche et l’innovation. « Ce livre arrive au bon moment. Il rappelle que sans recherche pour améliorer le rendement et la qualité, il n’y a pas de diplomatie crédible. Le FIRCA est prêt à accompagner cette vision », a-t-il déclaré.

Emmanuel Yacé, PCA de l’APROMAC, a mis l’accent sur le producteur tout en soulignant les faiblesses actuelles de la filière. Notamment l’insuffisance d’une main d’œuvre qualifiée, lla faible valorisation des métiers de l’hévéaculture et la defaillance du renouvellement des vergers. « Derrière chaque kilo de caoutchouc, il y a une famille. La diplomatie du caoutchouc doit d’abord se traduire par de meilleurs revenus à la base. Si nos planteurs gagnent, la Côte d’Ivoire gagne en influence », a-t-il souligné.

La cérémonie s’est achevée par une séance de dédicaces et un appel des autorités à faire de 2026 « l’année de la diplomatie agricole ivoirienne ».

SD à Abidjan

sdebailly@yahoo.fr

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