Football: Le retour d’Hervé Renard divise les Ivoiriens qui refusent de revoir le Français à la tête des Éléphants

Le retour annoncé d’Hervé Renard à la tête de la sélection ivoirienne ne fait pas l’unanimité. Révélé par Le Parisien puis confirmé par la Fédération ivoirienne de football (FIF), le technicien français, libre depuis son intérim avec la Tunisie lors de la Coupe du monde 2026, est appelé à succéder à Émerse Faé. Une décision qui suscite une vive controverse sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique ivoirienne.

Onze ans après avoir conduit les Éléphants à leur deuxième sacre continental lors de la CAN 2015, Hervé Renard retrouve une sélection qui l’a révélé sur la scène internationale. Mais, pour de nombreux Ivoiriens, son départ précipité quelques mois après ce triomphe reste une blessure jamais refermée.

Un départ de 2015 qui ne passe toujours pas

Le 8 février 2015, à Bata, en Guinée équatoriale, Hervé Renard entrait dans l’histoire en offrant à la Côte d’Ivoire sa deuxième Coupe d’Afrique des nations. Pourtant, quatre mois plus tard, il quittait son poste pour rejoindre le LOSC Lille, alors qu’il était encore lié par contrat à la sélection ivoirienne.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes rappellent cet épisode qu’ils considèrent comme un manque de respect envers le pays.

En mai 2015, le technicien français avait justifié son départ par sa volonté de relever « d’autres challenges ». Quelques semaines plus tard, il s’engageait avec Lille. Dans une interview accordée à So Foot en juin de la même année, il déclarait : « Je ne pouvais pas faire mieux en Afrique. » Une phrase qui, aujourd’hui encore, continue d’alimenter les critiques.

« Respecter son histoire, c’est se respecter soi-même »

Parmi les prises de position les plus relayées figure celle de Lassina Bamba, dont le texte est devenu viral.

Pour lui, le débat dépasse largement le cadre sportif.

« La Côte d’Ivoire lui a offert une formidable vitrine et lui a permis d’inscrire son nom dans l’histoire du football africain. En retour, son attitude méprisante envers le pays et son départ précipité vers Lille sans bilan ont laissé un goût amer à beaucoup d’Ivoiriens. »

Il poursuit :

« Que chacun soit libre de ses choix professionnels. Mais la liberté de choisir n’efface ni les attitudes, ni les déclarations, ni le contexte dans lequel elles ont été posées. »

Avant de conclure :

« Un pays doit respecter son histoire, mais surtout se respecter lui-même. (…) Le molosse ne change jamais sa manière de s’asseoir. »

Le départ d’Émerse Faé ravive le débat

La polémique intervient quelques jours après l’annonce du départ d’Émerse Faé, artisan du troisième sacre continental de la Côte d’Ivoire lors de la CAN 2023 disputée à domicile.

Malgré ce succès historique, la FIF a décidé de tourner la page et de confier les rênes des Éléphants à Hervé Renard, misant sur l’expérience d’un entraîneur qui compte déjà deux Coupes d’Afrique des nations remportées avec la Zambie (2012) et la Côte d’Ivoire (2015).

Une nomination qui divise

Si certains saluent le retour d’un technicien expérimenté, capable selon eux de relancer une sélection ambitieuse, d’autres estiment qu’un retour d’Hervé Renard envoie un mauvais signal.

Pour ces derniers, la question dépasse les résultats sportifs. Elle touche à la mémoire, à la reconnaissance et au respect des engagements envers la Côte d’Ivoire.

Le débat est désormais ouvert entre les partisans d’un entraîneur au palmarès reconnu et ceux qui considèrent que certaines pages de l’histoire ne peuvent être effacées, quelles que soient les qualités du technicien.

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