FIFA: entre clientélisme et soupçons de corruption, les 54 fédérations africaines soutiennent Infantino, la Norvège prépare une plainte

À moins d’un an de l’élection à la présidence de la FIFA, Gianni Infantino peut déjà compter sur un soutien de poids : celui de l’Afrique. Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a affiché publiquement son appui au dirigeant suisse, tandis que la Fédération norvégienne de football (NFF) prépare une plainte officielle devant la commission d’éthique de la FIFA.

Lors d’une conférence de presse à Johannesburg, Patrice Motsepe n’a pas caché son admiration pour Gianni Infantino, à la tête de la FIFA depuis 2016 et candidat à sa propre succession.

« J’apprécie son immense engagement en faveur du football mondial et son soutien au développement du football africain », a déclaré le président de la CAF.

Motsepe a notamment salué la décision d’élargir la Coupe du monde à 48 équipes, une réforme qui a permis à l’Afrique de passer de cinq à neuf places qualificatives directes, avec la possibilité d’obtenir une dixième qualification via les barrages intercontinentaux.

Selon lui, Gianni Infantino a joué un rôle déterminant dans l’amélioration de la représentation des sélections africaines sur la scène mondiale. Le dirigeant sud-africain a également rejeté les critiques visant le projet d’une nouvelle extension du Mondial à 64 équipes.

La Norvège dénonce l’affaire Balogun

Si le président de la FIFA bénéficie d’un large soutien en Afrique, il fait toutefois face à une vive contestation en Europe.

La Fédération norvégienne de football a annoncé son intention de déposer une plainte formelle auprès de la commission d’éthique de la FIFA à la suite de l’affaire concernant l’attaquant américain Folarin Balogun.

Expulsé lors d’un match face à la Bosnie-Herzégovine, Balogun devait automatiquement purger un match de suspension conformément au règlement disciplinaire. Mais après un appel téléphonique du président américain Donald Trump à Gianni Infantino, cette suspension aurait été transformée en sanction avec sursis, permettant au joueur de participer à la rencontre suivante contre la Belgique.

Pour la présidente de la Fédération norvégienne, Lise Klaveness, une telle intervention politique constitue un précédent particulièrement inquiétant.

« Cela n’aurait jamais dû se produire. Cette affaire ne doit pas être étouffée », a-t-elle déclaré, appelant Gianni Infantino à reconnaître publiquement qu’une erreur a été commise.

À l’inverse, Donald Trump avait qualifié cette décision de « formidable ».

Une nouvelle polémique autour d’Infantino

Ce n’est pas la première fois que Lise Klaveness critique le président de la FIFA. Elle avait déjà dénoncé l’attribution par la FIFA d’un « Prix de la paix » spécialement créé pour Donald Trump, estimant que cette initiative contrevenait au principe de neutralité politique que l’organisation est censée respecter.

À l’approche de l’élection présidentielle de la FIFA prévue l’an prochain, Gianni Infantino semble donc pouvoir compter sur le soutien massif des 54 fédérations africaines, mais devra également répondre aux critiques de plusieurs fédérations européennes, qui réclament davantage de transparence et une stricte indépendance des instances du football mondial.

Photo AFP

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