Affaire Agrosources: Marie-Paule Adjé au cœur de la stratégie de communication du groupe ?

L’affaire Agrosources prend une nouvelle tournure. Face aux investigations du Pôle pénal économique et financier (PPEF), le PDG du groupe, Mohamed-Adnane Arafath Achirou, s’appuie-t-il sur la notoriété de son épouse, l’actrice et animatrice Marie-Paule Adjé, comme « bouclier réputationnel » ?

Selon une note stratégique confidentielle consultée par Enquête Media, cette stratégie de communication pourrait, si elle était retenue par les enquêteurs, exposer l’animatrice à des risques juridiques dans le cadre des investigations en cours. Les auteurs du document évoquent notamment ce qu’ils qualifient de « syndrome de l’Apoutchou inversé ».

Une stratégie de crise sous surveillance

Selon les informations exclusives de Enquête Media, une note d’alerte stratégique confidentielle datée du 30 juin 2026 met en lumière les risques judiciaires susceptibles de concerner le couple formé par l’entrepreneur Mohamed-Adnane Arafath Achirou, dirigeant du groupe Agrosources, et l’actrice et animatrice ivoirienne Marie-Paule Adjé, mariés depuis le 3 juillet 2025.

Alors que de précédentes analyses faisaient déjà état d’interrogations sur certaines opérations financières et foncières de la holding, les spécialistes en conformité s’intéressent désormais au dispositif de communication déployé autour de l’ancienne chroniqueuse de la RTI.

Bien qu’elle ne figure officiellement comme mandataire dans aucune des sociétés du groupe Agrosources, sa forte exposition médiatique lui conférerait, selon cette analyse, le statut de « PEP-by-association » (Personne exposée publiquement par association). Sa notoriété serait utilisée comme un « bouclier de communication asymétrique », destiné à renforcer l’image de respectabilité du groupe dans un contexte marqué par des soupçons d’irrégularités financières.

Le risque du « blanchiment autonome »

Cette situation placerait également la dirigeante de MPA Cosmetics, marque créée en 2014, dans une zone de vigilance juridique accrue.

Depuis l’entrée en vigueur de l’ordonnance n°2023-875 du 23 novembre 2023, le droit ivoirien prévoit le délit de « blanchiment autonome », permettant aux autorités judiciaires de poursuivre des opérations financières suspectes sans qu’il soit nécessaire d’établir au préalable l’infraction principale à l’origine des fonds.

Selon les auteurs de la note, l’utilisation de l’image d’une personnalité publique ou de structures commerciales légalement constituées pour donner une apparence de régularité à des flux financiers insuffisamment documentés pourrait, dans certaines circonstances, être examinée sous l’angle du recel ou de la complicité de blanchiment, conformément aux dispositions des articles 2 et 3 de cette ordonnance.

Le précédent Apoutchou National

La note établit un parallèle avec l’affaire de l’influenceur Stéphane Agbré, dit « Apoutchou National », dont le dossier s’est conclu le 2 juin 2026 par une confiscation d’avoirs.

Les analystes parlent cette fois d’un « modèle Apoutchou inversé ». À leurs yeux, là où l’influenceur affichait ostensiblement des sommes importantes en espèces, le risque, dans le dossier Agrosources, résiderait dans l’utilisation de l’image positive d’activités commerciales légales afin de rassurer l’opinion publique malgré les interrogations entourant certaines opérations financières du groupe.

L’USPG en première ligne

Le dossier serait suivi de près par l’Unité spéciale de police et de gendarmerie (USPG), structure spécialisée du PPEF chargée du traçage des avoirs et de la lutte contre les circuits financiers illicites.

Selon les informations recueillies par Enquête Media, les enquêteurs accorderaient une attention particulière aux membres du premier cercle des personnes faisant l’objet d’investigations.

Une communication rapidement retirée

La note revient également sur une séquence de communication survenue le 27 juin 2026.

Afin de répondre aux rumeurs faisant état d’une procédure pour blanchiment visant Agrosources, un communiqué est diffusé par l’intermédiaire d’un média spécialisé dans l’actualité des célébrités. Le texte est porté par Marie-Paule Adjé plutôt que par le dirigeant de la holding.

Quelques heures plus tard, le communiqué est retiré. Selon la note, le document présentait plusieurs faiblesses, notamment l’absence de références précises au PPEF, l’absence de mention d’un cabinet d’avocats ou encore d’une éventuelle procédure judiciaire en diffamation.

Les auteurs de l’analyse estiment que cette prise de parole déléguée pourrait avoir eu pour objectif d’éviter que le dirigeant du groupe ne formule lui-même des déclarations susceptibles d’être produites ultérieurement dans le cadre d’une procédure judiciaire.

Ils soulignent enfin que, si une information judiciaire devait être ouverte par le PPEF, cette stratégie de communication pourrait être examinée par les magistrats parmi les différents éléments du dossier.

À suivre.

La Rédaction

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