Sénégal: un militaire à la Défense et un technocrate sorti du Prytanée à la Primature, le pouvoir se militarise-t-il ?

La nouvelle architecture du pouvoir mise en place par Bassirou Diomaye Faye continue d’alimenter les débats au Sénégal.

Pour la première fois depuis l’indépendance du pays, un militaire est aux commandes du ministère de la Défense [rebaptisé ministère des Forces Armées] depuis l’arrivée de Diomaye au pouvoir.

Dans le même temps, la nomination de Ahmadou Al Amine Lô à la Primature pour remplacer Ousmane Sonko marque l’arrivée au sommet de l’État d’un profil technocratique issu du Prytanée militaire de Saint-Louis [jusqu’au BAC] et des cercles de la finance publique.

Ancien haut cadre de Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, Ahmadou Al Amine Lô avait déjà occupé les fonctions de ministre d’État auprès du président avant d’être propulsé chef du gouvernement après le départ d’Ousmane Sonko.

Pour certains observateurs critiques, le centre de gravité du pouvoir se déplacerait progressivement vers une alliance entre caciques technocrates, appareils sécuritaires et réseaux institutionnels, au détriment de la dynamique militante souverainiste qui avait porté PASTEF au pouvoir.

Dans plusieurs cercles panafricanistes et militants, les regards se tournent particulièrement vers le général Biram Diop, ancien chef d’état-major sous Macky Sall et aujourd’hui figure stratégique du nouvel appareil sécuritaire.

Pour les partisans les plus radicaux d’Ousmane Sonko, la bataille pour le contrôle réel du pouvoir sénégalais se jouerait désormais entre trois pôles : Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko et les réseaux militaro-technocratiques en pleine ascension autour de l’État.

Cette lecture reste toutefois contestée par les soutiens du président sénégalais, qui défendent au contraire une volonté de stabilisation institutionnelle dans un contexte économique et géopolitique particulièrement sensible, marqué notamment par les tensions au Sahel, la guerre en Ukraine et l’escalade des tensions entre Israël et l’Iran.

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