Le dernier mercenaire de la Françafrique en mission en Guinée ?
Par Soumahoro Alfa Yaya, Journaliste-Écrivain
L’Afrique devrait apprendre à reconnaître ses vieux prédateurs politiques.
Ils changent de costume, changent de discours, changent de président à séduire, mais leur méthode reste la même : flatter pour approcher, approcher pour influencer, influencer pour profiter.
Robert Bourgi appartient à cette génération d’intermédiaires obscurs qui ont prospéré dans les coulisses de la Françafrique. Pendant des décennies, il a navigué entre palais africains et salons feutrés parisiens, vivant des secrets, des conflits et des dépendances entre l’Afrique et certains réseaux politiques français.
Aujourd’hui, le “bouffon de la République” a faim.
L’homme inspire la méfiance.
« Il sait qu’on sait tout de lui. »
Le voilà qui réapparaît en Guinée auprès du général Mamadi Doumbouya avec un discours débordant d’admiration.
Comme avec François Fillon, finira-t-il par “flinguer” le Général en costume ?
Lui qui vient déjà de décapiter politiquement Dominique de Villepin.
Quand Robert Bourgi commence à chanter les louanges d’un dirigeant africain, il faut immédiatement regarder derrière les compliments. Car l’homme n’a jamais été un simple observateur. Il a toujours vécu au cœur des circuits d’influence, des financements occultes et des arrangements de coulisses.
Hier proche de puissants dirigeants africains, il devient ensuite leur accusateur public dès que les relations se détériorent. Ceux qu’il appelait ses amis finissent souvent exposés ou humiliés dans ses règlements de comptes médiatiques.
Mais au-delà des querelles françaises, c’est surtout l’Afrique qui a payé le prix fort de ces réseaux. Pendant des années, des milliards sont sortis du continent pendant que les peuples africains croulaient sous les dettes, les crises politiques et les dépendances économiques.
En Côte d’Ivoire, beaucoup continuent d’associer son nom aux pratiques troubles ayant accompagné certaines relations entre Abidjan et Paris sous l’ère de Laurent Gbagbo.
Après avoir perdu une partie de son influence dans les cercles du pouvoir français, le vieux routier de la Françafrique semble aujourd’hui chercher un nouveau terrain d’influence. Et la Guinée apparaît désormais comme une nouvelle terre de conquête.
La Guinée doit entendre l’avertissement.
Derrière les compliments de Robert Bourgi se cache peut-être une vieille mécanique d’influence qui n’a jamais disparu. L’Afrique nouvelle ne peut pas être construite avec les fantômes de l’ancien système.
Comme le fameux “Wômi” des faubourgs abidjanais, Robert Bourgi est désormais grillé de pile et de face.


Commentaires Facebook