Dans une offensive diplomatique, le Ppa-Ci a été invité au récent forum des partis progressistes qui s’est tenu à Barcelone en Espagne. Invité à prendre la parole, son président exécutif Sébastien Dano Djédjé a fait entendre la vision de son parti centrée sur le respect des libertés, la promotion de la démocratie, la souveraineté et le panafricanisme. Ci-dessous son discours intégral :
Je vous présente les salutations du président Laurent Gbagbo, ancien président de la République de Côte d’Ivoire. Il vous félicite pour cette importante initiative, qui rassemble les socialistes et les progressistes du monde, dont l’objectif est de proposer une alternative crédible à une gouvernance mondiale fondée sur la domination.
Pour lui, tous les hommes et toutes les femmes de gauche doivent partager les mêmes valeurs de solidarité, de partage et de démocratie. La liberté et l’égalité sont deux notions intimement liées, protégées dans le monde par la démocratie. Or, pour être honnête, la démocratie n’existe pas encore en Afrique au sens noble du terme, ou du moins, nos démocraties sont en crise.
Nous avons certes obtenu le multipartisme, mais nous sommes encore à la recherche d’une véritable démocratie. Notre démocratie peine à produire un État de droit, la justice sociale, la confiance des citoyens, la liberté et l’égalité. Des institutions existent, avec des textes hérités de la colonisation, mais elles sont loin de convaincre. La liberté ne se résume pas au droit de vote : c’est aussi pouvoir vivre dignement.
L’égalité ne doit pas être un vain mot, mais une réalité palpable, vécue au quotidien. Cela concerne la réduction des inégalités de revenus, la garantie du libre accès aux services publics et la lutte contre toutes les formes de discrimination. Sans égalité réelle, la liberté devient un privilège. Les exemples sont légion en Afrique : on annonce des taux de croissance de 7 à 8 %, mais le citoyen ne le ressent pas dans son assiette. C’est la cherté de la vie.
Pour nous, la gauche panafricaniste doit être une force d’émancipation globale. Nous devons lutter contre l’autoritarisme, la dépendance imposée, l’exclusion et la marginalisation, et promouvoir la solidarité comme principe politique. Construire l’égalité exige une solidarité organisée, portée par des politiques redistributives, la protection sociale et la mutualisation des ressources.
Il est donc impératif de passer du discours à l’action concrète : transformer les revendications sociales en politiques publiques, à travers des programmes économiques inclusifs, des politiques de redistribution et des investissements sociaux massifs. La démocratie en Afrique est sous cloche : elle vogue au gré du maître colonisateur, qui poursuit ses propres intérêts.
Or, pour nous, la démocratie doit être le couronnement des textes que nous avons nous-mêmes rédigés. Exemple : le président Laurent Gbagbo, élu et investi par le Conseil constitutionnel en 2010, a été déchu par les armes, puis transféré à la Cour pénale internationale de façon illégale. Il en est sorti dix ans plus tard, définitivement acquitté, le 31 mars 2021. À son retour en Côte d’Ivoire, il crée le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), qui prône le socialisme démocratique, la souveraineté et le panafricanisme. Il a été empêché de participer à l’élection présidentielle de 2025 à la suite d’un procès instrumentalisé, jugé par un tribunal incompétent, sous le regard du Conseil constitutionnel.
La gauche africaine et les progressistes du monde doivent lutter pour l’application stricte des règles démocratiques, par la promotion de toutes les libertés : liberté d’entreprendre, liberté culturelle, liberté sociale, libre accès aux structures de l’État, ainsi que l’égalité des chances, sans concession. La gauche doit proposer un modèle alternatif, cohérent et crédible, au modèle dominant actuel, pour aboutir à un développement centré sur l’humain, la souveraineté et un modèle économique plus équitable, afin d’incarner l’espérance politique de tout un continent. La gauche doit devenir une force, une force d’espoir et de transformation. Elle doit être émancipatrice, inclusive, institutionnelle et ancrée dans le peuple.







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