Succession d’Alassane Ouattara: Patrick Achi face au dilemme (piège) du soutien extérieur

Les lignes commencent à se clarifier quant à la succession du président Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire. Deux prétendants émergent progressivement : le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, également député, et l’actuel président de l’Assemblée nationale, l’ex-Premier ministre Patrick Achi.

Dans cette bataille qui s’annonce décisive, un avantage semble se dessiner en faveur du ministre de la Défense, perçu comme bénéficiant d’un positionnement stratégique au sein du pouvoir. Téné Birahima Ouattara apparaît clairement comme le numéro deux du régime RHDP. Sur ce point, peu de doute : il dispose de relais solides au Parlement, au gouvernement, ainsi que d’un réseau d’influence constitué de directeurs généraux et de présidents de conseils d’administration (récemment) nommés à la tête de structures publiques et parapubliques. Plusieurs de ces responsables lui sont réputés proches, qu’il s’agisse d’anciens camarades de lycée ou d’ex-collègues issus du secteur bancaire, notamment de la SGBCI.

Selon d’autres indiscrétions, Patrick Achi bénéficierait, quant à lui, de soutiens au sein de cercles proches de la Première Dame, Dominique Ouattara, avec en toile de fond une supposée proximité avec la France d’Emmanuel Macron. Il serait également perçu comme bien introduit auprès des institutions de Bretton Woods, dont l’influence est toutefois régulièrement questionnée dans le contexte géopolitique actuel.  Cette lecture alimente le débat sur le rôle des influences extérieures dans les processus politiques africains.

Mais cette équation demeure controversée. Dans un contexte africain en mutation, l’idée selon laquelle l’appui de Paris ou de Washington suffirait à porter un dirigeant au pouvoir apparaît de plus en plus remise en cause. L’exemple du troisième mandat d’Alassane Ouattara — auquel Emmanuel Macron s’était opposé — illustre les limites de cette influence, certains observateurs évoquant même une évolution vers une plus grande autonomie des choix politiques internes.

Par ailleurs, plusieurs dirigeants africains récents, tels que Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko, Ibrahim Traoré, Assimi Goïta, Abdourahamane Tiani ou encore Faure Gnassingbé et Déby fils, illustrent une tendance à l’affirmation de souverainetés nationales plus marquées, indépendamment des influences postcoloniales traditionnelles.

Dans ce contexte, la succession à la tête de l’État ivoirien s’annonce comme un test grandeur nature des dynamiques politiques internes contemporaines, entre héritage des alliances traditionnelles et recomposition des rapports de force internes.

Côte d’Ivoire : rapprochement stratégique entre Patrick Achi et Téné Birahima Ouattara sur fond d’enjeux post-2030

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