Côte d’Ivoire : cacao, silence autour de la réserve et exigences de transparence

En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, une controverse persistante entoure la gestion d’une supposée réserve financière dont le montant évoqué atteindrait 1 500 milliards de francs CFA. À ce jour, aucune preuve officielle claire n’est venue confirmer l’existence, le niveau exact ou l’utilisation de cette réserve, alimentant interrogations et spéculations dans l’opinion publique.

Dans le même temps, les producteurs de cacao continuent de faire face à des conditions de vie difficiles, marquées par la volatilité des prix, les coûts de production élevés et des revenus jugés insuffisants.

Entre 2019 et 2026, la filière cacao relevait de la tutelle du ministère de l’Agriculture, alors dirigé par Kobenan Kouassi Adjoumani. Dans ce contexte, plusieurs questions demeurent posées : quelle a été la gestion effective de cette réserve ? Quelles institutions en avaient la charge ? Quels mécanismes de contrôle et de traçabilité ont été mis en place ?

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Ces interrogations, largement relayées dans le débat public, s’inscrivent dans une exigence plus large de redevabilité des responsables publics. Sans qu’il soit question d’établir des accusations en l’absence d’éléments vérifiés, la clarification de ces points apparaît essentielle pour restaurer la confiance au sein de la filière.

Au-delà des responsabilités individuelles, c’est la gouvernance globale du secteur cacao qui se trouve questionnée. Dans un pays où cette filière constitue un pilier majeur de l’économie, la transparence et la bonne gestion des ressources demeurent des impératifs pour garantir un développement équitable et durable.

À défaut d’éclaircissements officiels, le risque est de voir s’installer durablement le doute, au détriment de la crédibilité des institutions et, surtout, des intérêts des producteurs, premiers acteurs de cette richesse nationale.

Avec Jacques Roger

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