AES : Quand la réalité diplomatique rattrape la souveraineté absolue

À Bamako, Niamey et Ouagadougou, les régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES) multiplient les signaux contradictoires en avril 2026. Malgré un discours souverainiste hostile à l’Occident, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ouvrent discrètement des canaux avec des partenaires occidentaux.

Une alliance sahélienne fragilisée par ses propres contradictions

L’Alliance des États du Sahel, créée en 2023 par le Mali, le Niger et le Burkina Faso, repose sur un rejet affirmé de l’influence occidentale. Pourtant, les récents choix diplomatiques fissurent ce discours.

Le 10 avril 2026, Bamako a annoncé la fin de sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique, se rapprochant du Maroc au détriment de l’Algérie. Dans le même temps, Niamey renforce sa coopération stratégique avec Alger, notamment autour du projet de gazoduc transsaharien.

Ouvertures discrètes vers Washington et Tel-Aviv

En parallèle, des signaux de rapprochement avec les États-Unis émergent. Des discussions seraient en cours pour la reprise de vols de surveillance au-dessus du Mali. À Ouagadougou, le régime du capitaine Ibrahim Traoré a validé l’arrivée d’un ambassadeur israélien, malgré une proximité affichée avec l’Iran.

Le facteur russe remis en question

Ces repositionnements laissent aussi à penser que le partenariat avec la Russie vacille. Malgré la présence d’Africa Corps, ex-Wagner, l’insécurité persiste, notamment face au JNIM.

Une lecture ivoirienne : pragmatisme ou incohérence ?

Depuis Abidjan, ces évolutions interrogent la cohérence stratégique de l’AES. Entre discours souverainiste et réalités économiques et sécuritaires, les juntes sahéliennes semblent privilégier une diplomatie opportuniste.

À terme, cette stratégie pourrait fragiliser davantage une région déjà instable, tout en posant une question centrale : l’AES peut-elle exister sans une ligne diplomatique claire et cohérente ?

F. Kouadio

Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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