Mali: géopolitique de la pompe

Au Mali, la hausse des prix du carburant en 2026 illustre une crise à la fois géopolitique, sécuritaire et économique. La guerre impliquant Iran, les États-Unis et Israël, en déstabilisant le détroit d’Ormuz, a fait grimper les prix du pétrole à l’échelle mondiale, avec un impact direct sur un pays enclavé comme le Mali.

Dépendant des importations via Abidjan et Dakar, le Mali subit des coûts logistiques élevés, aggravés par l’insécurité. Le transport du carburant nécessite des convois escortés par l’armée, dont les coûts ont fortement augmenté [800 000 francs cfa par convoi], entraînant une hausse des prix à la pompe.

Depuis mars 2026, les prix ont fortement grimpé : le supercarburant atteint 875 FCFA/litre (+13 %) et le gasoil 940 FCFA/litre (+29 %). Dans certaines régions, les prix dépassent largement ceux de Bamako, pouvant atteindre jusqu’à 2 500 FCFA/litre.

Cette flambée résulte d’un désengagement partiel de l’État, contraint de réduire les subventions face à l’explosion des coûts (importation, sécurité, fiscalité). Le gasoil, essentiel à l’économie, devient un levier budgétaire majeur.

Les conséquences sont lourdes pour la population : hausse du coût de la vie, explosion des prix alimentaires, transport devenu inaccessible et isolement accru de certaines villes comme Gao ou Tombouctou.

En somme, au Mali, le prix du carburant reflète une crise systémique où se mêlent dépendance énergétique, insécurité et contraintes budgétaires, mettant en péril le pouvoir d’achat et la stabilité sociale.

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