Côte d’Ivoire – de retour au pays KKB met le pouvoir en garde contre un passage en force

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Conférence de presse du candidat Kouadio Konan Bertin (kkb), candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2015
Mercredi 15 Avril 2015

Chers amis de la presse nationale et internationale,
Je voudrais une fois de plus saluer votre dévouement au service de notre peuple en l’informant en temps réel des faits marquants de l’actualité.

1- CEI

De retour au pays après une tournée américaine et européenne (j’étais absent du territoire depuis le 3 Mars dernier dans le cadre de la stratégie internationale de ma campagne à Washington D.C et à Paris). Je vous ai invités, ce jour, pour vous partager mes inquiétudes quant à l’organisation du scrutin à venir. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, je ne cessais de le dire à l’encontre de cette administration électorale prise en otage par le candidat Ouattara. On me dira qu’il y a eu une notable ouverture à ce niveau-là. Dans le fond, rien n’a changé. Encore que je n’étais pas candidat lorsque je combattais cette CEI et son président Youssouf Bakayoko. Maintenant que je le suis, au même titre que Ouattara et les autres ayant déclaré les leurs, attendez-vous à ce que ce débat-là soit rouvert.
Partout où je suis passé, nos compatriotes n’aspirent qu’à une seule chose : la pacification de ce scrutin. Une élection présidentielle n’est pas le rendez-vous avec la mort, l’angoisse, les menaces, etc… Mais plutôt une célébration de la démocratie qui doit consacrer le changement par le suffrage du peuple.

2- L’exemple nigérian

Chers amis de la presse,

Le samedi 28 mars 2015, malgré les menaces de la secte islamiste Boko Haram de perturber le scrutin, plus de 60 millions de nigérians se sont rendus aux urnes pour élire leur président. De la loyale compétition avec des adversaires ayant des chances égales que les textes électoraux nigérians ont permis, le candidat Muhammadu Buhari est sorti vainqueur et a reçu les félicitations du perdant Goodluck Jonathan. L’organisation des élections et la proclamation des résultats au Nigéria ainsi qui l’attitude adoptée par le président sortant à la suite de sa défaite appellent de nous quelques commentaires. C’est une bonne chose pour le président-candidat Alassane Ouattara de se féliciter du déroulement de la présidentielle au Nigéria, de se réjouir de l’alternance démocratique qu’elle permet et de saluer la grandeur d’homme d’Etat de Goodluck Jonathan. Mais il faut aussi savoir se montrer digne des mêmes éloges. Les conditions d’organisation des élections à venir en Côte d’Ivoire, la mise en place d’un processus de fraude massive, l’existence d’ingrédients d’un passage en force du président sortant pour voler au peuple sa victoire incitent au pessimisme quant à la volonté des tenants actuels du pouvoir d’organiser des élections transparentes, libres, justes et crédibles avec des observateurs qui vont suivre de bout en bout tout le processus.

Quand on met en place de façon anticonstitutionnelle une commission électorale prétendument indépendante et qu’on modifie de la même manière, en dehors de tout scrutin référendaire, un code électoral taillé sur mesure pour se donner une longueur d’avance sur ses éventuels concurrents et quand on s’échine à prendre la tête de toutes les CEI locales et départementales, on crée les conditions d’une gestion autocratique du jeu électoral qui n’augure pas des élections démocratiques, crédibles et apaisées. Il n’y a pas de mystère qu’on veut organiser une fraude massive pour l’emporter dès le premier tour parce que l’éventualité d’un second tour s’avère suicidaire. Nous dénonçons cette organisation aux apparences légales d’une tricherie à grande échelle accompagnée de la mise en place sournoise d’un environnement intimidant de violences.
Jusqu’à ce jour, de nombreux ex-combattants ayant combattu aux côtés de la rébellion se promènent dans la nature avec armes et munitions. Jusqu’à ce jour, des milliers de dozo occupent encore des villages entiers dans l’est et l’ouest de la Côte d’Ivoire, se permettant même parfois de s’octroyer des pouvoirs de forces de police et de maintient de l’ordre au vu et au su des autorités préfectorales et sous-préfectorales. Quand on se rappelle que toutes ces forces non régulières ont combattu aux côtés de la rébellion qui a porté le candidat Alassane Ouattara au pouvoir, on ne peut que craindre qu’elles ne reprennent du service pour la même cause. On ne peut aussi que craindre pour la sécurité des candidats et des populations qui voudront exercer leur droit de vote. Goodluck Jonathan montre qu’on peut organiser des élections et les perdre sans que le ciel ne vous tombe sur la tête. Abdoulaye Wade l’a fait. Avant lui, Abdou Diouf. Plus loin, Sarkosy. Nous invitons le candidat-président Alassane Ouattara dont les décrets organiseront les élections présidentielles à venir à accepter en démocrate le verdict des urnes s’il venait à les perdre. La Côte d’Ivoire n’a plus besoin de chefs de guerre. Nous espérons que sera entendu par le président Ouattara le vœu formulé par le président de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président du Ghana John Dramani Mahama, de voir le Nigéria servir d’exemple aux quatre autres pays membres de l’organisation qui organisent, eux-aussi, des élections présidentielles cette année, à savoir la Côte d’Ivoire, le Togo, le Burkina Faso et la Guinée.

3- SAGEM est de retour sous une autre appellation

Pour ce faire, il importe au Président Ouattara de garantir un environnement viable pour que ces élections soient festives et non pas craintives. Cela commande de lui et de son administration électorale des attendus objectivement perceptibles par ne plus opérer et coopérer avec les instruments des élections de 2010. Sagem, pour avoir menée et gauchie cette épisode, ne devrait, tout comme YOUSSOUF BAKAYOKO, être reconduits pour 2015. Pour la mémoire des disparus, en raison de la crise postélectorale, Monsieur Ouattara a manqué le coach. Pour seulement ces deux raisons, la CEDEAO fait bien de prévenir.
La recomposition du paysage politique par la coalition naissante, saluée par les observateurs, doit contraindre Monsieur Ouattara et son administration électorale à reconsidérer la structuration de la CEI, l’affinité d’avec SAGEM choisit dans des circonstances unilatérales sans que l’opposition électorale n’en sache les motivations.

4- Du refus de la réconciliation

Chers amis de la presse, le samedi 11 Avril dernier, le président Ouattara lors de son allocution à Abobo a tenu des propos qui ne garantissent pas la réconciliation. Nous avons pu entendre « depuis quand a-t-on vu une justice des vaincus ? » « Ils nous auraient tous tués », « je n’en verrai plus personne à la CPI ». Lorsqu’un chef d’Etat, co-animateur de la crise postélectorale tient à la face de la nation ces propos, n’est-ce pas là le signe d’un mépris pour la réconciliation tant souhaité par tout le peuple. Encore qu’il a commandité une institution d’y travailler, qu’attend-il pour rendre public les conclusions de la CDVR ? Ne nous trompons pas, Ouattara ne veut pas de réconciliaton.

Chers amis de la presse, j’entends partout que je travaillerais pour X ou Y. Rien n’arrêtera mon projet auquel mes compatriotes ont déjà adhéré. Qui peut sérieusement croire en de telles allégations ? Ma détermination est sans faille…. Je vous réaffirme une fois pour toute, que j’irai au bout…

Je vous remercie !

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