UN JOUR… : LE POUVOIR PASSE, MAIS CE QUE L’ON EN FAIT LAISSE UNE TRACE

Ce mercredi 9 septembre 2026, le 4ᵉ Vice-Président de notre Parti, le PPA-CI, le camarade Justin Katinan Koné, était convoqué à la suite d’une plainte du RDR devenu RHDP.

Le parti au pouvoir se dit scandalisé par ses propos. Il les considère diffamatoires.

Soit.

On pouvait donc s’attendre à ce que la justice examine une plainte en diffamation, entende les parties, confronte les arguments et, le moment venu, dise le droit.

Mais soudain, la diffamation disparaît.

L’audition devient garde à vue.

Et de la plainte d’un parti politique, on bascule vers un chapelet d’accusations autrement plus graves, comme notamment le complot contre l’autorité de l’État.

En moins de quarante-huit heures, le responsable politique convoqué est devenu détenu.

Et le camarade Justin Katinan Koné est jeté en prison.

Certains s’en réjouissent.

D’autres applaudissent.

Mais il faut prendre garde à ne pas confondre la rigueur de la loi avec l’abus du pouvoir.

Car la force d’un État ne se mesure pas au nombre d’opposants qu’il peut emprisonner.

Elle se mesure à sa capacité à supporter la contradiction.

Il est troublant de voir avec quelle célérité la machine judiciaire fonctionne lorsqu’il s’agit d’un opposant, pendant que tant d’affaires qui indignent les Ivoiriens rencontrent le silence.

La justice ne peut pas courir lorsqu’il s’agit d’un opposant et marcher à pas comptés lorsqu’il s’agit du pouvoir.

Ce n’est plus de la fermeté.

C’est une inquiétante conception de l’État.

Et le moment choisi interroge.

Alors que nous nous apprêtons à parcourir la Côte d’Ivoire pour présenter le Pacte social ; alors que les populations souhaitent venir écouter, questionner, débattre ; alors qu’une autre vision du pays commence à rencontrer l’espérance des Ivoiriens, voilà que l’on ressort la vieille méthode : quand on ne sait plus répondre à une parole politique, on essaie d’emprisonner celles et ceux qui la portent.

Mais il y a une chose que le pouvoir devrait avoir comprise depuis longtemps.

On peut emprisonner un homme ou une femme.

Mais on n’emprisonne pas une idée.

On peut fermer une cellule.

Mais on ne ferme pas l’espérance d’un peuple à double tour.

On peut mettre des chaînes aux corps.

Mais on ne met pas de chaînes à une aspiration à la liberté.

C’est là que réside leur erreur.

Ils pensent encore que le PPA-CI serait seulement une addition d’hommes et de femmes qu’il suffirait d’intimider, de poursuivre ou d’emprisonner pour le faire taire.

Non.

Le PPA-CI est aussi une pensée, une idée.

L’idée qu’un peuple doit demeurer maître de son destin.

L’idée que la politique doit servir l’homme et non l’asservir.

L’idée que la Côte d’Ivoire peut être gouvernée autrement : avec davantage de justice, de souveraineté, de liberté et de dignité.

Le PPA-CI veut libérer les esprits ; alors, faute de pouvoir emprisonner les esprits, on emprisonne les corps.

Mais l’Histoire devrait enseigner un peu d’humilité à ceux qui gouvernent.

Aucun pouvoir n’est éternel.

Aucune puissance n’est définitive.

Aucun homme n’est fort tous les jours.

Et surtout, personne n’est éternellement plus fort qu’un peuple.

Un jour, les portes des prisons s’ouvrent.

Un jour, les procureurs ne poursuivent plus les mêmes hommes.

Un jour, les puissants redeviennent de simples citoyens.

Un jour, ceux que l’on faisait taire retrouvent la parole.

Et ce jour-là, les titres auront disparu et les fonctions auront passé.

Il ne restera ni les discours de circonstance ni l’assurance que donne momentanément le pouvoir.

Il restera les actes.

Il restera la manière dont chacun aura choisi d’exercer l’autorité qui lui avait été confiée.

Il restera surtout le jugement du peuple et celui de l’Histoire.

Car le pouvoir passe.

Mais ce que l’on en fait laisse une trace.

Et aucune fonction, aucune puissance, aucune circonstance ne dispense jamais de répondre de ses choix devant la conscience d’une Nation.

C’est pourquoi nous ne répondrons ni par la haine ni par la vengeance.

Nous répondrons par la constance.

Par le droit.

Par la politique.

Par la mobilisation démocratique.

Et par cette détermination tranquille de ceux qui savent qu’aucune nuit, aussi longue soit-elle, n’a jamais réussi à empêcher le jour de se lever.

À notre camarade Justin Katinan Koné et à tous nos autres camarades emprisonnés, nous disons : tenez bon.

À sa famille, nous disons : vous n’êtes pas seuls.

À nos militants, nous disons : restez debout.

Et à ceux qui pensent qu’une prison peut arrêter le cours d’une idée, nous adressons simplement ce conseil : relisez l’Histoire.

Elle est remplie de pouvoirs qui se croyaient éternels.

Elle est aussi remplie de prisonniers qui leur ont survécu.

Un jour…

Nous regarderons cette période derrière nous.

Et chacun devra répondre de ce qu’il aura fait lorsque la liberté avait besoin de défenseurs.

Ce jour viendra.

En attendant, nous continuons.

Nous l’avons déjà dit.

Nous le répétons aujourd’hui avec encore plus de détermination : Tout ne fait que commencer.

Maître Habiba Touré

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