La franc-maçonnerie ivoirienne serait traversée depuis plusieurs décennies par une profonde rivalité entre deux grandes traditions : le courant dit « régulier », d’inspiration anglo-saxonne, et la franc-maçonnerie « libérale et adogmatique », issue de la tradition continentale française. Une opposition qui, selon le texte, dépasse les divergences doctrinales pour toucher aux réseaux d’influence politiques et économiques.
Le premier courant est principalement représenté par la Grande Loge de Côte d’Ivoire (GLCI), créée avec le soutien de la Grande Loge Nationale Française. Il impose notamment la croyance en Dieu, exclut la mixité et proscrit les débats politiques et religieux en loge. Face à lui, La Grande Éburnie, constituée sous les auspices du Grand Orient de France, ainsi que d’autres obédiences libérales, défendent la liberté de conscience, acceptent davantage la mixité et accordent une place aux débats de société.
Cette fracture s’inscrit dans une longue histoire. Le texte fait remonter l’implantation maçonnique en Côte d’Ivoire à la période coloniale, avant d’évoquer la répression sous Vichy, les années de clandestinité sous Félix Houphouët-Boigny, puis l’essor de la GLCI à partir de 1989. Les crises politiques ivoiriennes auraient ensuite accentué les rivalités entre obédiences.
La GLCI aurait particulièrement renforcé son influence dans les cercles dirigeants sous Hamed Bakayoko, qui en fut Grand Maître. Après son décès en 2021, Sylvère Koyo aurait engagé une réforme de l’organisation et de sa gouvernance.
Aujourd’hui, la rivalité se manifesterait notamment par l’interdiction faite aux membres du courant régulier de participer aux travaux des obédiences non reconnues, mais aussi par une polarisation des réseaux. Le texte présente la GLCI comme particulièrement implantée dans les sphères du pouvoir, tandis que les obédiences libérales auraient davantage accueilli des personnalités et des sensibilités critiques ou proches de l’opposition.
Enfin, cette compétition dépasserait les frontières ivoiriennes. Elle se prolongerait à l’échelle africaine à travers différents rassemblements internationaux, notamment les REHFRAM pour le courant libéral et les rencontres des Grandes Loges régulières pour le courant anglo-saxon.
Ainsi, derrière les divergences philosophiques et maçonniques, le texte décrit surtout une lutte d’influence entre réseaux concurrents, étroitement liée à l’histoire politique et aux rapports de pouvoir en Côte d’Ivoire.






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