Pollution plastique/Des experts encore réunis à Abidjan pour chercher des solutions efficaces

La Côte d’Ivoire accueille ce 5 juin la Journée mondiale de l’environnement 2023 avec pour thème « Solutions à la pollution plastique ». En abritant cette journée, dont le cinquantenaire est célébré cette année, le gouvernement ivoirien réaffirme son engagement à être « un modèle en matière de développement durable ».

Aujourd’hui, à partir d’Abidjan, le monde va déclarer la guerre à l’invasion plastique.

« Le fléau de la pollution plastique est une menace visible qui a des effets négatifs importants sur chaque communauté dans le monde », déclare le ministre ivoirien de l’Environnement et du Développement durable, Jean-Luc Assi.

A Abidjan donc, les gouvernements, les entreprises et la société civile, vont confronter leurs solutions. Les experts des questions environnementales, le rappellent sans cesse, il y a urgence à parvenir à des solutions plus innovantes et plus efficaces.

« Les microplastiques, de minuscules particules de plastique mesurant jusqu’à 5 mm de diamètre, se retrouvent dans la nourriture, l’eau et l’air. On estime que chaque personne sur la planète consomme plus de 50 000 particules de plastique par an, et bien plus encore si l’on tient compte de l’inhalation des particules qui se trouvent dans l’air. Le plastique à usage unique jeté ou brûlé nuit à la santé humaine et à la biodiversité et pollue tous les écosystèmes, du sommet des montagnes au fond des océans. », s’inquiète le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En attendant l’élaboration d’un instrument juridiquement contraignant (les négociations en cours sur ce point devraient s’achever d’ici à la fin 2024), plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, la moitié est conçue pour être utilisée une seule fois et moins de 10% du total sont recyclés. On estime que 19 à 23 millions de tonnes de plastique finissent dans les lacs, les fleuves et les océans.

« Si nous maintenons le rythme effréné de production et de rejet des déchets plastiques que nous produisons, il y aura plus de plastique que de poissons à l’horizon 2050 et environ 99% des oiseaux marins auront ingéré du plastique », avait mis en garde le gouvernement ivoirien à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale sans sacs plastiques, le 03 juillet 2022.

Le gouvernement est déterminé à promouvoir un cadre de vie propre et sain et à protéger les matrices environnementales contre la pollution plastique. Il s’agit d’offrir au pays, « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

La Côte d’Ivoire a décidé depuis 2014 d’interdire la production, l’importation, la commercialisation, la détention et l’utilisation des sachets plastiques sur l’ensemble du territoire national par le décret 2013-327 du 22 mai 2013, entré en vigueur depuis le 08 novembre 2014.

Cette mesure visait à abandonner l’usage abusif des sachets plastiques et à promouvoir les sacs et contenants réutilisables. Des industriels, grandes surfaces de distribution, commerçants et citoyens ont bien adhéré à ce changement écologique en utilisant les solutions alternatives aux sachets plastiques dans leurs activités et leurs habitudes de consommation.

En plus de l’interdiction, le gouvernement à travers la sensibilisation facilite la mise en place de nombreuses initiatives pour l’avènement des villes durables, attractives et productives.

Ainsi, la Côte d’Ivoire avec le soutien de l’Unicef transforme les déchets plastiques collectés en briques pour construire des salles de classe. À fin 2021, 210 salles de classe écologiques avaient déjà été livrées par l’Unicef. Dans le cadre de ce projet, une usine a été construite pour recycler 9 600 tonnes de déchets plastiques par an.

À côté des grands projets d’envergure, de nombreuses « start-up » se sont spécialisées dans la collecte et le recyclage de déchets plastiques.

Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, le coût des dommages sur les écosystèmes, le tourisme et la pêche, causés par les déchets plastiques jetés en milieu marin, est évalué chaque année, à environ 7 616 milliards FCFA.

CICG

Commentaires Facebook