Côte-d’Ivoire – César Étou conteste son licenciement de Notre Voie devant le comité de contrôle du FPI

Etou

César Etou.
Monsieur LAHOUA Souanga Etienne/César Etou
PCA/DG intérimaire de La Refondation-Sa
Contact : 05 95 85 27.
Abidjan, le 18 novembre 2014

A

Monsieur le Président du Comité de contrôle
Du Front populaire ivoirien (FPI)
ABIDJAN
Objet : Saisine pour limogeage arbitraire
Par le président Affi.
Monsieur le Président,

Je viens, par ce courrier, porter à votre connaissance une mesure abusive dont je fais l’objet de la part du président Affi depuis ce 18 novembre 2014.
Les faits

Le mardi 18 novembre 2014, Mme Agnès Monnet (Secrétaire général du FPI), M. Franck Anderson Kouassi (Secrétaire national à la Communication et au Marketing politique du FPI) et le Pr. Dédi Séri m’ont notifié, à 11h30, à mon Bureau de PCA et DG intérimaire de La Refondation-Sa, siège de Notre Voie, mon limogeage.
Ils m’ont également signifié mon remplacement au poste de PCA par le Pr. Dédy Séri Faustin, jusque-là membre du Conseil d’Administration, et au poste de DG intérimaire par le journaliste Abdoulaye Villard Sanogo, jusque-là Directeur des Rédactions.

Le forfait accompli, ils ont payé, séance tenante, un mois de salaire aux agents de la Refondation-Sa, soit la somme de 15.700.000 (quinze millions sept cents mille) FCFA. C’est la première fois que, depuis sa sortie de prison, le président Affi N’Guessan accomplit ce soutien aux travailleurs de Notre Voie.
L’objet de ma saisine

En raison de l’illégalité flagrante de ces décisions (I), en raison également des Recommandations du Comité de Médiation dans la crise du 4 juillet 2014 (II), en rapport avec les vraies raisons de ce limogeage (III), je viens, par la présente, porter les faits à la connaissance des éminents membres du Comité de Contrôle.

I- De l’illégalité de la décision

La double décision de limogeage est illégale et ne doit pas prospérer parce qu’elle est issue d’une délibération hors norme, excluant le Président du Conseil d’Administration (voir liste de présence n°2).
En effet, bien qu’un Conseil d’Administration ait été régulièrement convoqué ce 17 novembre 2014 par le PCA, c’est-à-dire moi-même César ETOU (voir liste de présence n°1), les autres membres du Conseil ont dévoyé l’objet du Conseil et ont exigé, avant de délibérer, que le PCA que je suis sorte de la salle. Or, en l’absence du PCA, le Conseil d’Administration ne peut valablement délibérer.
Les décisions des membres prises par les membres du Conseil, sans le PCA, sont donc illégales.

II- Les Recommandation du Comité de médiation violées

Au terme de sa médiation, suite à la crise née de la publication d’une nouvelle direction au FPI, le Comité de médiation a recommandé qu’aucune décision de cette nature ne soit prise avant le 4ème Congrès ordinaire prévu du 11 au 14 novembre 2014.
En prenant la décision de limogeage et de nomination, les membres du CA violent lesdites recommandations.

III- Les vraies raisons de mon limogeage

1- Au départ, un article sur le président Gbagbo
Le 4 novembre 2014, s’est déroulée à la CPI, une audience de mise en état dans le procès contre le président Gbagbo. Suite à la plaidoirie de l’avocat principal, représentant le président Gbagbo et parlant en son nom, ce jour, j’ai écrit un article intitulé : «Candidature à la présidence du FPI : Gbagbo dit oui à l’appel de Mama » (Notre Voie du mercredi 5 novembre 2014).
Le soir venu, le Comité de la « Une » du journal, constitué ce jour du Directeur des Rédactions, du Secrétaire général de la Rédaction et du chef du Service politique, en l’absence du Directeur de la publication et du Rédacteur en chef (en congé), décide de mettre l’article à la Une. Au Directeur des Rédactions qui m’annonce la nouvelle, je lui ai dit : « Faites-le, si vous n’avez rien de plus costaud que cet article ».
L’article a été porté à la Une et, selon notre fonctionnement, j’ai validé le journal pour aller à l’imprimerie. Il était 20h30. C’est le temps que l’imprimeur nous donne pour que le journal puisse être disponible tôt pour distribution.

2- Le scandale dans la nuit du 4 au 5 novembre 2014
Aux environs de 22h, je surprends Franck Anderson Kouassi et Bamba Franck Mamadou (Directeur de la publication du Groupe Notre Voie) en train de refaire le journal. Ils ont entamé leur opération, à l’intérieur du Service technique, sans avoir eu la courtoisie de m’en informer. Je leur ai donc demandé d’arrêter leur manœuvre et je suis parti pour l’imprimerie.
Mais fait grave, M. Franck Anderson Kouassi est allé à l’imprimerie de Frat-Mat pour me proposer de racheter toute la quantité du jour, à défaut de réussir à me convaincre d’arrêter l’impression du journal. A la question de savoir au nom de qui il m’ordonne ces choses, Franck Anderson Kouassi m’a répondu : « C’est le président Affi qui me demande de te le dire ! ».
J’ai refus de céder et le journal est sorti, le 5 novembre 2014. Mais malheureusement, à mon insu, ils avaient fabriqué et mis sur internet un autre journal. Ce mercredi
5 novembre, il y a eu deux quotitiens Notre Voie sur internet parce que le président Affi, selon Franck Anderson Kouassi, ne voulait pas voir publié l’article sur la candidature du président Gbagbo !
Voici

3- Le Conseil d’Administration des 29 octobre, 10 et 17 novembre 2014 dévoyé
Les 29 octobre, 10 et 17 novembre 2014, j’ai convoqué successivement, en ma qualité de PCA de La Refondation-Sa, un Conseil d’Administration ordinaire autour de quatre (4) points inscrits à l’ordre du jour, à savoir :
1- Informations ;
2- Analyses du rapport de l’audit et mesures à prendre ;
3- Projet de discours à la rencontre sollicitée avec l’actionnaire majoritaire pour lui présenter le rapport ;

4- Divers.

• Au terme de la séance du 29 octobre, le Conseil a analysé le rapport, souligné ses forces et faiblesses et noté, avec satisfaction, que « l’audit n’ait pas relevé des malversations ou des détournements de fonds » (voir le PV de la réunion du 29 octobre joint).
Avant l’audit, la rumeur en accusait pourtant la direction générale intérimaire que j’assumais depuis mai 2011.
A la fin de la réunion, j’ai demandé à ne plus être membre du Conseil d’Administration pour me consacrer uniquement, en tant que DG plein, aux tâches de reconstruction de l’entreprise, vu que nos démarches ont abouti à l’éligibilité de La Refondation-Sa à un crédit bancaire de 150 millions FCFA auprès du Fonds de Soutien et de Développement de la Presse (FSDP). Je suis DG intérimaire depuis plus de trois (3) ans !

• La séance du 10 novembre 2014 a été consacrée aux mesures à prendre suite à l’audit. Le PV du 29 novembre adopté, le Conseil a énuméré les mesures à prendre. Et au nombre de ces mesures, j’ai abordé le chapitre final concernant la réorganisation du Conseil d’Administration et ma nomination en tant que DG avec les pleins pouvoirs.
Suite à ma requête demandant ma sortie du CA et ma nomination au poste de DG, M. Franck Anderson Kouassi, Secrétaire national à la Communication du FPI depuis le 4 juillet 2014, propose plutôt mon limogeage pour deux raisons :
– J’ai écrit un article dans Notre Voie, article intitulé « candidature à la présidence du FPI : Gbagbo dit oui à l’appel de Mama » (Notre Voie du mercredi 5 novembre 2014). Pour lui, cet article constitue une faute professionnelle et politique ;
– J’aurais imposé cet article à mes collaborateurs et me serais opposé à la volonté du président Affi de ne pas voir cet article publié.

Après mes explications, les autres membres du Conseil demandent à entendre le Comité de la « Une » avant toute décision.

• A la séance du 17 novembre 2014, les membres du Conseil (Pr. Dédi Séry, Mme Monnet, Mme Simone N’Guessan et Franck Anderson Kouassi) décident, à ma grande surprise, de ne plus évoquer l’article sur le président Gbagbo pour mon limogeage. Désormais, ils parlent de « mauvaise gestion ». Or, le 10 novembre, le CA d’administration a noté l’absence de détournements et de malversations.
La réunion dévoyée, les quatre membres me demandent de sortir de la séance pour délibérer. La suite est connue.

En guise de conclusion

Je viens d’être limogé de toutes fonctions à Notre Voie pour avoir écrit un article sur la candidature du président Gbagbo à la présidence du FPI.
Cette mesure tend à crucifier une carrière de près d’un quart de siècle, la mienne, construite patiemment et dignement dans les groupes de presse fondés par le président Laurent Gbagbo. Je ne peux accepter cela et je porte ces faits à votre attention pour la suite qu’il vous plaira de donner.
Me tenant à votre disposition pour toutes autres informations complémentaires, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président du Comité de Contrôle, mon profond respect.

César ETOU

Ampliations :

– Président Abou Drahamane Sangaré ;
– Président du Comité de Médiation.
Mon analyse prochaine pour démontrer en quoi ce licenciement est manifestement abusif, et que par une telle entreprise, sieur AFFI N’guessan expose cette entreprise de presse du FPI à la liquidation. Cela ressemble un peu à la politique de la terre brûlée.

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